Anthony Pregnolato

Status: 
Doctorant(e)
Axe: 
Espaces_et violences

Institut: 
Centre Marc Bloch / ISP-Nanterre

 

L’espace des rébellions urbaines.

Socio-histoire des mobilisations contre les déviances policières violentes en France et en Belgique (années 1970 à nos jours)

 

     Depuis le début des années 1970, l’Europe occidentale connaît une succession ininterrompue de rébellions urbaines, principalement en France, en Grande-Bretagne et dans une moindre mesure en Belgique, dont l’intensité, la localisation et le profil des acteurs varient en fonction des situations nationales. Dans l’hexagone, les rébellions urbaines débutent au début des années 1970 dans la banlieue lyonnaise, mais il faut attendre celles de l’été 1981 (Vénissieux, Villeurbanne, Vaulx-en-Velin dans le Rhône) pour que la « crise des banlieues » devienne un enjeu médiatique et politique au niveau national. Durant les années 1990 et 2000, les rébellions urbaines, souvent cantonnées à un quartier particulier et n’excédant par quelques jours, se font plus présentes dans l’actualité médiatique et politique française, mais force est de constater que celles de l’automne 2005 se distinguent par leur durée, leur extension territoriale et leur « assise » sociale. De façon analogue on retrouve une médiatisation/politisation des rébellions urbaines en Belgique dans les années 1980 et particulièrement au cours des années 1990. Cependant, certains observateurs et chercheurs font remarquer une diminution de ces rébellions dès le milieu des années 2000. La plupart des sociologues et politistes s'accordent à dire que ces manifestations violentes ont systématiquement pour point de départ une déviance policière violente, signe des rapports conflictuels entre la police et les jeunes des classes populaires précarisées. Il s'agit pour nous de prendre au sérieux cette relation conflictuelle et d'analyser ces rébellions urbaines comme des mobilisations contre les déviances policières violentes. De plus, durant ces rébellions urbaines ou à leur suite, des mobilisations non-violentes ont pu voir le jour : marches, sit-in, associations, actions en justice, etc. Aussi, nous interrogerons l'opposition entre la "révolte proto-politique" et la révolte proprement politique, en étudiant le passage de l'usage de la violence à l'usage de modes d'actions non-violents, ou la coexistence des deux modes d'actions. L’objectif de notre thèse consiste à apporter un nouveau regard sociologique sur les rébellions urbaines en réalisant une socio-histoire des mobilisations contre les déviances policières violentes en France et en Belgique, susceptible de mettre en avant les conditions de possibilité des rébellions urbaines et du passage à des mobilisations « légitimes » d’individus victimes de discriminations et de déviances policières violentes.

     Un premier axe cherchera à analyser les enjeux de qualification des actes policiers : quand, pourquoi et comment (ne) sont-ils (pas) considérés comme violents, discriminatoires ou racistes ? Notre deuxième axe consiste à analyser la relation entre rébellions urbaines (usage illégitime de la violence physique), mobilisations (usage d'un répertoire d'action légitime) et l'action en justice ou le cause lawyering. Enfin, un troisième axe porte sur la question du « contrôle démocratique » de la police (police accountability movement). L’étude comparée France/Belgique nous permettrait de rendre compte des spécificités nationales en matière de lutte contre les «déviances policières violentes» et principalement discriminantes à l’encontre de l’immigration post-coloniale en France et de l'immigration maghrébine et subsaharienne en Belgique.

     Une étude configurationnelle nous permettra de saisir les dynamiques des rébellions urbaines et des mobilisations en interrogeant le comment plutôt que le pourquoi. De plus, la mobilisation de ce concept éliasien permet de proposer une alternative à la théorie de la « frustration relative » qui domine la sociologie des rébellions urbaines alors qu'elle est largement abandonnée par la sociologie de l'action collective – notamment parce que le passage de la privation relative à la révolte n'est pas mécanique et doit être étudié en tant que tel. Nous tenterons ainsi de mettre à jour l'espace social et les rapports de force entre les différents acteurs en jeu (population, policiers, associations, militants, élus, avocats, etc.) afin de comprendre les conditions de possibilité des rébellions urbaines et des mobilisations non-violentes contre les déviances policières violentes. C'est ainsi que notre thèse est susceptible de comprendre comment, au sein de ces quartiers répondant à certaines logiques sociales, ont lieux des phénomènes de violence.

 


 

Depuis 2013: Thèse sous contrat doctoral au Centre Marc Bloch, dans le cadre de l'axe "Violences et Espaces" du réseau franco-allemand "Saisir l'Europe", et à l'Institut des Sciences sociales du Politique (ISP) de l'Université de Nanterre ; sous la direction d'Abdellali Hajjat et de Pascale Laborier.

2013 : Membre du comité d'organisation de la Journée d'étude du 21 novembre 2013 à l'ENS de Cachan intitulée : « L'État réactif : acteurs, politiques et temporalités de l'urgence »

2012-2013 : Master 2 de Science Politique, spécialité Recherche, mention « Sociologie politique comparative », Université de Paris-Ouest Nanterre. Mention Bien. (Mémoire : Mention Très Bien)
Sujet de Mémoire : Les rébellions dans les cités. Les mobilisations contre les déviances policières violentes à Clichy-sous-Bois (2005-2012) ; sous la direction d'Abdellali Hajjat.

2011-2012 : Master 1 de Science Politique, spécialité Recherche, mention « Sociologie politique comparative », Université de Paris-Ouest Nanterre. Mention Bien
Sujet de Mémoire : Étude de la controverse autour de la candidature d’Ilham Moussaïd, candidate portant le hijab aux élections régionales de 2010 sur la liste du NPA-Vaucluse ; sous la direction d'Abdellali Hajjat

2011-2012 : Participation à l’enquête collective SPEL sur le traitement de la campagne présidentielle 2012 (collecte et analyse des données), sous la direction de Christophe Le Digol et d’Abdellali Hajjat

2009-2011 : Licence 2 et 3 de Science Politique, Université de Paris-Ouest Nanterre. Mention Assez Bien

2007-2009 : Licence 1 et 2 de Sociologie (mineure ethnologie), Université de Paris-Ouest Nanterre

 

 

 

 

 

 

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